« L’Odyssée de Pi », une aubaine pour Pondichéry

« L’Odyssée de Pi », une aubaine pour Pondichéry

Publié le 2 février 2013 par dans Tourisme

Fort du succès du film d’Ang Lee, le ministère régional du tourisme prépare une campagne à tout casser ayant pour thème « The Land of Pi », le pays de Pi. En clair, Pondichéry.

 

« L’Odyssée de Pi », c’est un peu la revanche des Indiens sur « Slumdog Millionnaire ». Non seulement ils ne boudent pas leur plaisir devant le succès de ce film qui met en scène un fils du pays, héros « positif » s’il en est, mais ils comptent bien en profiter. Tourné dans les bas-fonds de Bombay« Slumdog», le film de Dany Boyle sorti en 2009, avait été perçu par les esprits chagrins comme un « porno de la pauvreté ». Certains allant jusqu’à y voir « une exploitation de la pauvreté indienne pour exciter le public à l’étranger ».

 

Rien de tel avec « The Life of Pi », le titre en anglais du long métrage en 3D du Taïwanais Ang Lee, internationalement applaudi lui aussi. Le jeune Piscine Molitor Patel, dit « Pi », est né à Pondichéry (Puducherry). Sautant sur l’occasion, le ministère régional du tourisme a décidé de lancer une vaste campagne intitulée « Land of Pi », le pays de Pi, destinée à doper le tourisme dans l’ancienne colonie française. « Nous y travaillons d’arrache-pied et elle devrait débuter en avril ou mai », confie A.S. Sivakumar, directeur du département du tourisme. Affiches, T-shirts, casquettes, jingles, vidéos… tout est prévu. Y compris des « road shows » dans plusieurs pays, dont la Chine. « Des cortèges de bus, de voitures portant le logo ‘Land of Pi’ partiront notamment de Hongkong et de Taipeh », explique-t-il.

 

Quant à la municipalité de Pondichéry, elle s’apprête à couvrir la ville de posters géants sur lesquels on pourra lire « Welcome to the Land of Pi ! ».Les édiles sont en train de mettre au point des guides, des « packages tours » devant permettre aux touristes de suivre l’itinéraire du tournage de « L’Odyssée de Pi » dans la cité. Enfin, pour la parade du Jour de la République, le 26 janvier dernier, le tableau du département du tourisme représentait une scène du film réalisé par Ang Lee d’après le roman de Yann Martel : poster géant avec, à côté, un petit garçon de Pondichéry assis dans une barque face à un tigre en papier mâché.

 

Spiritualité et douceur de vivre

A.S. Sivakumar aime à penser que ce n’est pas un hasard si le film montre tout à la fois la mosquée Khutbah, le temple hindou de Thirukameshwara dédié à Shiva, et l’église du Saint-Rosaire. « Cela montre que l’Inde est un pays où la spiritualité occupe une place importante, et un pays tolérant », s’enthousiasme le haut-fonctionnaire. Il espère que grâce au succès remporté par « L’Odyssée de Pi » en Chine, de plus en plus de bouddhistes seront attirés par le sud de l’Inde. Jusqu’à présent, ils visitent surtout le nord du pays, dit-il, et se rendent surtout en pèlerinage à Bodhgaya, au Bihar, l’un des quatre lieux saints du bouddhisme.

 

Le tourisme à Pondichéry au travers du prisme de « Pi », c’est aussi une manière, pour l’ancienne colonie, d’aller au-delà de la fameuse « influence française » à laquelle se cantonne aujourd’hui son image de marque : architecture française, gastronomie et culture françaises… Tout  ce que les guides touristiques résument par ces mots : douceur de vivre. L’office du tourisme en fait lui-même pour l’heure la publicité : «Pondicherry,  Give time a break ». « Ô temps suspend ton vol… »  « Les bâtiments laissés par les Français sont très beaux et ils attirent de nombreux visiteurs », reconnaît A.S. Sivakumar. Mais il veut aller plus loin, développer une autre forme de tourisme, sans aucun doute davantage destinée aux Indiens. « Nous allons créer un vaste parc touristique grâce à l’apport d’investissements privés. Le gouvernement régional ne donnera que le terrain.  Le reste sera financé par la municipalité de Pondichéry et les hôteliers, restaurateurs, commerçants etc. qui souhaiteront construire sur ce parc », détaille-t-il. Il est prévu entres autres un aquarium géant, un Club, voire de petits centres commerciaux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les Indiens constituent désormais l’essentiel des touristes à Pondichéry. Ils étaient au nombre de 897.896 en 2011 (+7,42%) contre 52.298 étrangers (+2,62%).


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