La culture de la canne à sucre en Inde

L’Inde pourrait être contrainte d’importer du sucre

Publié le 28 avril 2016 par dans Économie

En attendant la manne de l’ »excellente mousson » 2016 annoncée en fanfare par les météorologues – pour peu qu’elle se matérialise – les paysans indiens doivent faire face aux retombées négatives de deux années consécutives de grande sécheresse. Avec une conséquence inattendue : la production de sucre pourrait baisser au point de faire de l’Inde un importateur net de sucre en 2016-17. Du jamais vu depuis 4 ans. L’Inde est le deuxième producteur de sucre après le Brésil, et le premier consommateur de la planète.

 

Au Marathwada, région située au centre du Maharashtra, qui fournit l’essentiel de la canne à sucre aux moulins de l’état, la sécheresse aurait entraîné une baisse de 40% de la production sucrière. A l’échelon national, l’association indienne des moulins sucriers (Isma) table sur une production de sucre de 26 millions de tonnes pour la campagne 2015-16, contre 28,3 de tonnes en 2014-15.

 

Selon l’agence Reuters, les moulins à sucre ont cessé de tourner cette année plus tôt que d’ordinaire, faute de matière première. Ils travaillent généralement de novembre à avril, puis s’arrêtent pendant la mousson et la saison des festivals religieux, qui dure jusqu’à octobre. Dans le seul Marathwada, 50 moulins auraient fermé dès la fin février.

 

Si l’Inde cesse d’exporter son sucre, les prix mondiaux pourraient remonter. « L’année prochaine, l’Inde sera forcée d’importer du sucre en raison de la forte baisse de sa production, affirme Ashok Jain, président de la Bombay Sugar Merchants Association (BSMA). La sécheresse a durement affecté les plantations de canne à sucre au Maharashtra. Le gouvernement devrait dès à présent cesser ses exportations de manière à réduire ses importations (de sucre) la saison prochaine. »

 

Après avoir été importatrice nette de sucre entre 2008 et 2010, l’Inde avait repris ses exportations en 2011, mais en quantités limitées. En mai 2012, toutes les restrictions de quantité à l’exportation étaient levées. Faisant baisser encore les cours mondiaux. Les Indiens pour leur part avaient ainsi réussi à vider leurs stocks, alors que le marché national était saturé. Et pour cause. Les bonnes moussons de 2011 et 2012 avaient entraîné d’abondantes récoltes. Cette fois, le pays pourrait profiter de la pénurie due à la sécheresse pour écouler ses stocks (toujours élevés) sur son marché intérieur. Mais cela n’aidera guère les paysans en profonde détresse.

 


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