Inde : Le « tout digital » ne fait pas l’unanimité

Publié le 8 janvier 2017 par dans Ailleurs

Dans sa première chronique de l’année, Tavleen Singh, éditorialiste au quotidien Indian Express, jette une lumière crue sur le fossé entre le « tout digital » qui tient tant à coeur à Narendra Modi – le Premier ministre indien appelle de ses voeux une nation « numérisée » – et les fléaux qui continuent d’affliger le pays : violence, pauvreté, saleté…. « Nous voyons le Premier ministre multiplier dans les états qui seront bientôt appelés à voter, les discours exaltants sur nos téléphones et la manière dont notre pouce est en train de remplacer l’argent liquide et les banques. Le même jour, les journaux font leur une sur les agressions sexuelles dont ont été victimes quelques jeunes femmes dans la ville la « plus digitale » du pays (NDLR : Bangalore, où des hommes en bande ont agressé de jeunes femmes le soir de la Saint-Sylvestre). Ajoutez à cela notre dose quotidienne de viol, brutalité et les histoires de filles issues de régions tribales vendues pour devenir des esclaves dans la capitale indienne, et il devient très difficile de se montrer enthousiaste », écrit-elle.

 

Se référant à l’ambitieux programme visant à fournir des toilettes à tous, même dans les zones les plus reculées, Tavleen Singh enfonce le clou en citant les propos de l’écrivain d’origine indienne Vidia Naipaul, qui avaient tant scandalisé le gouvernement de Delhi il y a cinquante ans. « Les Indiens défèquent partout. Ils défèquent essentiellement le long des voies ferrées. Mais ils défèquent aussi sur les plages, ils défèquent dans les collines, ils défèquent le long des rivières, ils défèquent dans la rue; ils ne cherchent jamais à s’abriter des regards ». Question hygiène, on est encore loin du but, déplore Tavleen Singh. C’est à lire en cliquant ici.


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